Des révélations sur lassassinat de Chapour Bakhtiar
Interview avec le porte-parole de lOrganisation des Guérilleros Fédaïs du Peuple dIran Hossein Zohari (Bahram)
Léchange de lassassin de Chapour Bakhtiar : un tribut versé par lEtat français au régime de la République Islamique dIran
Le monde entier est au courant quau cours de lété 1991, Chapour Bakhtiar (un des dirigeants de lopposition iranienne - NDT) et Souroush Katibeh ont été assassinés dans la banlieue parisienne. Suite à cet assassinat, tout dabord la fille de Bakhtiar est morte à Paris dans des conditions inexpliquées et six mois après, le fils Guy Bakhtiar - un des hauts-commissaires de la police française - est mort dans des conditions encore inexpliquées.
À lépoque, le tribunal formé pour juger les assassins de Bakhtiar était complètement commandé et à la fin, il a acquitté deux planificateurs de lassassinat : Zeynalabdin Sarhadi et Hossein Cheikh Atar. À lépoque, en publiant des documents et des témoignages incontestables et en rendant public lidentité de 14 agents terroristes de la RII en France, lOGFPI a mené une grande campagne de dénonciation. Suite à la publication de ces documents, il a été prouvé que lEtat français navait aucun lintention de poursuivre les commanditaires de cet assassinat et en plus, il réagissait activement contre toutes tentatives de divulgations de cette politique par les forces de lopposition iranienne. Au cours de ces années, linsistance de nos camarades à propos des assassinats du régime de la RII en France a abouti à la poursuite judiciaire de quelques responsables de lorganisation par lEtat français.
Aujourdhui, après 18 ans, afin de protéger ses intérêts économiques en Iran, lEtat français a lintention déchanger Vakili Rad un des assassins de Chapour Bakhtiar avec la Française Clotilde Reiss. À ce propos, des dirigeants français ont prononcé des déclarations différentes. Récemment, le président Sarkozy a déclaré que cest irréalisable. Mais les déclarations du ministre de lintérieur et dautres responsables de ce pays prouvent quils sont en train de négocier sur cet échange. Il est évident que malgré des blabla quotidiens à propos de leurs oppositions avec la RI, une fois de plus, lEtat français est prêt à verser le tribut. Les politiques antécédentes de la diplomatie française prouvent quà chaque fois que les intérêts économiques et politiques de ce pays sont menacés, il ny a aucun respect pour les Droits de lHomme, la Démocratie et les principes moraux.
Vakili Rad est un criminel et un assassin. Daprès la législation française, à la fin de sa purge, il doit être expulsé de la France. La comparaison dune Française arrêtée et accusée de prendre des photos lors dune manifestation pacifique avec un assassin nest pas juste et cest contraire aux normes internationales.
À ce propos, le camarade responsable du site dInternet de lorganisation a fait une interview avec le camarade Bahram, qui à cause des dénonciations sur des compromis entre la France et lIran, a été poursuivi pendant 13 ans par la justice française à léchelle internationale. Bien quaprès lélection de M.Nicolas Sarkozy et le refroidissement des relations franco-iraniennes, toutes les accusations à son égard aient été enlevées. Ci-dessous une partie de cet entretien :
Question : les dernières nouvelles laissent à penser que lEtat français a lintention déchanger lassassin de Chapour Bakhtiar avec la Française Clotilde Reiss accusée de prendre des photos lors dune manifestation en Iran. Quest-ce que vous en pensez ?
Réponse : ce nest pas la première fois que la justice française cède aux exigences racketteurs du régime de la RII. Cette politique française monte aux débuts des années 80. À lépoque, François Mitterrand le Président de la République croyait que lopposition iranienne pourra renverser le régime de la RI. Suite à cette analyse, lEtat français soutenait activement les forces de lopposition. Cette politique na pas duré longtemps. Je me souviens quà lépoque afin de nouer la relation entre lorganisation et lEtat français, je venais juste darriver en France. Lors de ma rencontre avec les responsables français du ministère des affaires étrangères, ils mont annoncé que leur politique face au régime de la RII nétait pas juste et quils ont lintention de la rectifier. Il était évident quils voulaient en venir à un compromis avec le régime iranien. Je leur ai demandé la raison de ce changement de la politique. Ils mont répondu quils perdent mensuellement des millions de $ et en plus à cause de la présence des forces de lopposition iranienne en France, ils subissent des millions de $ dommages par mois. Lassassinat de Chapour Bakhtiar et dautres opposants à la RII en France est la suite de ce changement de politique afin de gagner des positions sur le marché avantageux iranien.
Question : est-ce quil y a un lien entre lassassinat de Chapour Bakhtiar et les restrictions imposées par lEtat français à légard de lorganisation aux cours des dernières années ?
Réponse : à lépoque, à cause de la poursuite de laffaire de lassassinat de Chapour Bakhtiar et dautres activités terroristes du régime de la RI sur le sol français, moi et quelques camarades de lorganisation, nous étions poursuivis par lEtat français. Aujourdhui, comme cette question fait de nouveau de lactualité, il est nécessaire que je donne plus de précisions.
Avant lassassinat de Chapour Bakhtiar, quelques militants actifs de lopposition avaient déjà été assassinés en France. Moi aussi à deux reprises, jétais victime de tentatives dattentats des terroristes du régime de la RII. Malheureusement, lEtat français a toujours fermé ses yeux aux activités terroristes des agents de la RI en France et il na jamais voulu douvrir une enquête judiciaire. Chaque fois que nous demandions le jugement des terroristes et nous mettions à leur disposition des documents démontrant la participation directe ou indirecte des agents du régime iranien dans les assassinats, sous prétexte quils avaient des intérêts en Iran et quils ne voulaient pas prendre des risques, ils laissaient tomber laffaire.
Avant lassassinat de Chapour Bakhtiar, par le biais dune source qui parfois nous apportait des renseignements très importants, nous étions tenu au courant de la présence de Fridoune Boueyrahmadi, un des éléments dangereux de la RI en France. Par lintermédiaire de notre source, nous avons beaucoup essayé de rencontrer Fridoune Boueyrahmadi dans le bureau commercial, qui servait comme une couverture pour les activités de nos camarades, mais à chaque fois, cet élément mystérieux a refusé de venir personnellement. Nous avions confiance à la sincérité et lhonnête de notre source. Après des recherches, nous avons découvert que Fridoune Boueyrahmadi était un des éléments du régime qui avait pour mission dinfiltrer au sein de lopposition iranienne et après beaucoup defforts, il avait réussi de gagner la confiance de Chapour Bakhtiar.
Malgré labsence de relation directe entre notre organisation et le Mouvement de la Résistance Nationale dirigé par M.Bakhtiar, dans lintérêt du mouvement dopposition iranienne, nous avons essayé dentrer en contact avec eux.
Malheureusement nous navons pas réussi dans notre tentative. Et quand avec laide de notre source, un des camarades de lorganisation a essayé de contacter le bureau de Chapour Bakhtiar, il a rendu compte que le responsable de sécurité de ce bureau était bien Nasser Rassouli un des tortionnaires très connu et criminel de la SAVAK.
Après cette étape, nous avons arrêté toute tentative pour créer un lien avec Chapour Bakhtiar, mais nous avons décidé de suivre les traces de Nasser Rassouli. À lépoque, nous étions certains que Nasser Rassouli et Fridoune Boueyrahmadi travaillent ensemble il est invraisemblable que le gouvernement français ne soit pas au courant.
Pendant les jours précédents lassassinat de Bakhtiar, nos informations sur le tortionnaire Rassouli et ses lieux de fréquentation étaient presque complètes. Ainsi nous avons découvert quil rencontrait certains « opposants » iraniens à Paris XV. À ce propos, dans lavenir, nous rendrons publics certains documents.
Question : après lassassinat de Bakhtiar, à part la publication des documents, quelle était votre réaction à légard de gouvernement français ? quelle était leur réaction sur les documents que vous auriez mis à leur disposition et quils avaient négligé de leur donner suite ou quils navaient pas accordé limportance nécessaire ?
Réponse : 2 ou 3 jours après lassassinat de Bakhtiar, javais un rendez-vous avec les responsables français que je leur avais expliqué en détail que Boueyrahmadi, son frère et dautres personnes qui fréquentaient le bureau de Bakhtiar collaboraient avec la RI et que je leur avais demandé de transmettre nos informations à Bakhtiar. Quand je leur ai demandé sils avaient transmis ces informations aux autorités ou non ? ils mont répondu que leurs responsables navaient pas pris nos informations au sérieux et quactuellement, ce nétait pas la peine quon en fasse un scandale. Je ne partageais pas leur avis et nous avions même lintention de faire une conférence de presse. Il était complètement prévisible que compte tenu la position française sur lassassinat de Bakhtiar, ils allaient bloquer nos activités et nos recherches sur cet assassinat. Enfin 3, 4 jours après lassassinat, nous avons rendu compte que dautres camarades de lorganisation étaient aussi suivis par les agents français. À la même période, un soir à 2H du matin, la police française ma arrêté à 200 mètres du domicile de Nasser Rassouli dans le quartier de Clichy à Paris.
Ils mont dabord transféré aux bureaux de la police centrale et vers 4H du matin, un responsable du service des renseignements ma rendu visite. Ils mont demandé ce que je faisais à 2H du matin dans ce quartier. Je leur ai répondu que je suis libre de circuler quand et où je voulais. Bien quils sussent pourquoi à cet heure-ci je me trouvais dans ce quartier. Mais ils nont pas voulu avouer. Ils ont trouvé sur moi un pistolet. Ils mont demandé pourquoi je porte une arme sur moi. En réponse, je leur ai expliqué que je lai pour ma défense. Il y a 3 jours que Chapour Bakhtiar a été assassiné et que jétais victime de deux attentats organisés et préparés par le régime de la RII. Alors je suis obligé de porter une arme comme moyen de défense.
Après cet interrogatoire, à 9H du matin, ils mont accompagné à un tribunal militaire. Le juge militaire a ordonné la confiscation de mon arme au profit de larmée française et comme javais un casier judiciaire vierge, ils mont libéré. Mais ils mont fait comprendre quils savaient ce que je faisais dans ce quartier et le pistolet nétait pas destiné pour ma défense personnelle. Enfin, après 8H de détention, jétais libre. Mais toujours il y avait un groupe dagent du service des renseignements français qui nous suivaient.
Question : vous pensez que le grand tortionnaire de la SAVAK Nasser Rassouli avait joué un rôle dans lassassinat de Bakhtiar ?
Réponse : certainement. Rassouli a joué un rôle dans lassassinat de Bakhtiar. À lépoque, malgré la pression française sur nous, nous navons pas arrêté nos recherches sur le tortionnaire Rassouli. Je me souviens bien que 2 jours après ma libération, un de nos camarades nous a informé que Rassouli ne fréquentait plus son domicile. Après une brève enquête, nous avons rendu compte que Rassouli avait été détenu quelques heures par la police française et lors de cette brève détention, la police lui avait conseillé de quitter la France dans le plus bref délai car sa vie était en danger. Quelques semaines sont passées et nous étions toujours à la recherche de Rassouli, de son rôle dans lassassinat de Bakhtiar et de ses relations avec certains mouvements « de lopposition » à Paris. Au cours de nos recherches, nous avons trouvé dautres documents qui démontraient que sur le conseil du gouvernement français, Rassouli avait quitté la France en direction des Etats-Unis.
Vous vous rendez compte. Si la France a une attitude irresponsable à légard des forces révolutionnaires et combattantes, mais à légard des tortionnaires bien connus de la SAVAK, elle a un comportement compatissant.
Question : est-t-il possible de donner plus de précision sur Rassouli et de son rôle mystérieux à Paris ?
Réponse : à lépoque, nous ne disposions pas encore tous les éléments sur la question des relations de Rassouli avec le gouvernement français et le régime de la RII. Évidemment, nous avons continué notre propre enquête. Et après quelque temps, nous avons rendu compte que Rassouli avait une fille (à lépoque, elle avait 21 ans) en Iran. Il vivait depuis des années à Paris et il faisait tout son possible afin que le régime iranien lautorise à quitter le pays. Jusquà lassassinat de Chapour Bakhtiar, la RII refusait de lui délivrer un passeport. Environ 5, 6 jours après lassassinat de Bakhtiar, la fille de Rassouli a pu quitter Iran et elle est arrivée directement en avion à Paris.
Lors de lassassinat de Bakhtiar, Rassouli le tortionnaire bien connu de la SAVAK était le responsable de sécurité du bureau de Bakhtiar et par lintermédiaire de Fridoune Boueyrahmadi, il collaborait avec le régime de la RII.
Rassouli avait demandé que le régime iranien délivre un passeport pour sa fille et le régime tenait la fille en otage afin quil paye dabord le prix du passeport. Sil y avait aussi un autre compromis, nous ne sommes pas au courant.
Rassouli peut être le planificateur de lassassinat de Chapour Bakhtiar et il est très étonnant que la France ne soit pas au courant de son rôle. Comment la France peut ignorer toutes ces vérités quand elle contrôle toutes les communications et les fréquentations de Bakhtiar. Aujourdhui, quand nous analysons ces événements tragiques, nous ne pouvons pas sempêcher de sinterroger sur le rôle de la France et de la question dacquittement des agents comme Sarhadi et Sheikh Atar par la justice française.
Il y a plusieurs éléments qui prouvent que le gouvernement français a consciencieusement fermé les yeux sur le crime. Par exemple, comment est-ce possible que tous les 8H, les policiers responsables de la sécurité de la résidence de Bakhtiar étaient changés, mais pendant 48H, aucun agent na remarqué les cadavres de Bakhtiar et de Sourouche Katibeh ?! Daprès les règlements de la police française, il y avait un double contrôle pour ceux qui quittaient la maison de Bakhtiar. Cest-à-dire, chaque visiteur laissait son document didentité à la poste de contrôle de police à lentrée du domicile et en sortant, après lapprobation de Bakhtiar, il obtenait sa carte didentité. Les documents joints au dossier de lassassinat de Bakhtiar montrent que ce processus était toujours respecté. Lexistence de deux cadavres pendant 48H prouve que tous ces rapports sont faux. Comment pendant 48H, la police française ne remarque pas deux cadavres dans la villa et tous les 8H, elle prépare un rapport indiquant que tout va bien ! Dans ces conditions, il est tout à fait naturel quelle prétende qui nest pas du tout au courant du rôle de Fridoune Boueyrahmadi et de Nasser Rassouli dans le bureau de Bakhtiar.
Question : camarade Bahram, à plusieurs reprises, votre franchise a suscité la colère des dirigeants française à votre encontre et à lencontre de lorganisation. Aujourdhui, après 18 ans, vous ne pensez pas quà cause de votre franchise dans laffaire de lassassinat de Chapour Bakhtiar, le gouvernement français tente de préparer de nouveaux complots contre vous ?
Réponse : la France est un pays qui par certains côtés ressemble à notre pays. Pour prendre le pouvoir, les partis politiques sont prêts à tout. Dans le monde capitaliste, pour avoir le pouvoir, il faut de largent. Dans le monde daujourdhui, pour mener une activité révolutionnaire, vous avez besoin dargent et pour assurer une activité réactionnaire et contre-révolutionnaire, la même chose. En France, les partis politiques ont bien compris cette règle. Idem pour les fractions en conflit en Iran. Quand lintérêt dune fraction est en jeu, la fraction commerciale na aucune pitié pour la fraction libérale et la bourgeoisie bureaucratique dAhmadi-Nejad à aucunes. Par exemple quand Rafsandjani perd lavantage de la perception des commissions sur la vente du pétrole au profit dAhmadi-Nejad, ou quand les bénéfices faramineux des fabriques de wagons de train ou la gestion du métro et des milliers dautres activités commerciales avantageuses gérées par la famille Rafsandjani, est aujourdhui contrôlé par les gardiens de la révolution, dans ce cas tout incident est possible dans le pays. Qui pouvait imaginer que les différentes fractions au pouvoir sentretuent sauvagement à cause de largent et de la position financière ? Cette règle est aussi valable pour le monde politique en France. Et aujourdhui, cest grâce au pouvoir financier quun charlatan comme Ahmadi-Nejad, qui en pillant les richesses naturelles du pays prétend quà New York, il était protégé par les saints ! En France, la violence dEtat a une apparence arrangée. La seule différence entre la nature du régime de la RII et la France est que la France est le membre permanant du conseil de sécurité de lONU et grâce à cette position, les rapports de la commission des Droits de lHomme de lONU à son égard sont moins précis et détaillés quà légard de lIran. Les violations des Droits de lHomme par le gouvernement français sont régulièrement critiquées et condamnées par le tribunal européen de la justice basé à Strasbourg. Dailleurs, la France naccorde pas beaucoup dimportance aux décisions de ce tribunal. Depuis des années, à plusieurs reprises, le gouvernement français a été condamné par le tribunal européen de la justice à cause de la négligence dans lassassinat des palestiniens, des Turcs, des Iraniens, des Ukrainiens et des dizaines dautres nations. Malheureusement, les décisions de ce tribunal nont pas de valeurs dexécutifs. Depuis trois décennies, le gouvernement français et les partis politiques au pouvoir sont en relation permanente avec les dirigeants de la RII. En France, à part le gouvernement, les partis dopposition aussi avant darriver au pouvoir concluent des accords et des compromis avec le régime iranien. Nous ne sommes pas au courant des compromis passés entre ces partis avec le régime iranien. Cela na aucune importance pour nous. Nous continuerons à dire la vérité avec détermination.
Question : en France, à part lopposition iranienne, les forces doppositions des autres pays subissent les mêmes problèmes, nest-ce pas ?
Réponse : depuis des années, lEtat français fait la commerce sur les réfugiés politiques et les organisations dopposition avec les pays dictatures. Cette politique ne se limite pas seulement à notre organisation ou à lopposition iranienne. Jusquaujourdhui, plusieurs révolutionnaires ont été assassinés en France. Plusieurs dirigeants des mouvements révolutionnaires dAmériques latines, des pays arabes, de la Turquie, de lAfrique et dautres pays ont été assassinés en France. Ali MI Sali le grand avocat algérien qui a été assassiné à Paris par les agents de service des renseignements algériens, ou Chapour Bakhtiar ont été le plus chanceux des victimes. Au moins, les assassins ont été identifiés et il y a eu un procès contre les assassins. Mais il y a plusieurs cas où il fallait presque 20 ans afin de découvrir la vérité. Comme ; lassassinat de Félix Mourieh le dirigeant du Parti Communiste de Cameroun qui a été assassiné mystérieusement par les services des renseignements français sous prétexte de faire une interview de presse. Vous vous rendez compte. La ville de Paris nest pas seulement la ville des musées, du théâtre, du vin et de la Champagne. À Paris, il y a aussi le cimetière Père Lâchaise où à côté des tombes des communards de Paris, reposent des centaines de révolutionnaires du monde entier. Le responsable de tous ces crimes est le contre-révolutionnaire français.
Après toutes ces explications, jespère que vous avez compris pourquoi à 2H du matin, on ma arrêté à proximité du domicile de Nasser Rassouli ? il est évident que cétait pour protéger la sécurité du tortionnaire Rassouli. Il y a des centaines de preuves et de témoignages qui prouvent que la France accorde la libre circulation aux agents terroristes du régime de la RII afin quils assassinent ceux quils veulent. Je me souviens quand nous avons rendu public lidentité de 14 agents de la SAWAMA en France, au lieu de les arrêter, les responsables français ont tout de suite fait partir 7 agents qui étaient poursuivis dans plusieurs pays européens. Lun deux sappelait Nategh qui dans le passé était ladjoint de Sadegh Khalkhali et responsable des pelotons dexécution destinés aux forces révolutionnaires et combattantes.
Question : avec toute hostilité, enfin lEtat français quest-ce quil vous a fait ?
Réponse : quand ils ont compromis que nous possédions beaucoup de documents prouvant la complicité passive de la France dans lassassinat des dirigeants de lopposition, aussitôt, pour moi et pour dautres camarades, ils ont fabriqué de faux documents afin que nous soyons obligés de quitter la France. Jusquà lannée dernière où il y a eu une complication dans les relations franco-iraniennes, pendant 13 ans, la France avait rendu un mandat darrêt international contre moi. Et pour faire plaisir à la RII, elle avait même demandé laide dInterpol à cet égard.
Question : ainsi, avec larrivée à la présidence de Nicolas Sarkozy, vos problèmes ont été résolus ?
Réponse : je ne pense pas quavec larrivée au pouvoir de tel ou telle présidente, nos problèmes avec les impérialistes soient résolus. Depuis linstauration de la RII, en apparence, les occidentaux jouent le rôle de médiateur entre lopposition iranienne et le régime réactionnaire. Cette médiation nest pas neutre. Dune part, ils nous accordent le statut de réfugié politique, et dautre part, ils soutiennent le régime de la RII. Bien quen apparence, ils nous offrent loccasion de vivre dans un pays « démocratique », mais comme ils ne sont pas honnêtement neutres, avec leur complicité passive, ils aident le régime iranien à nous assassiner. En réalité, loctroi de statut de réfugié nest pas un avantage mais un désavantage. Le résultat de la médiation de loccident se résume en quelques mots : conclusion des contrats pour les multinationales, limportation des ressources naturelles et les richesses du pays afin dexporter les produits finis occidentaux. Et si entre-temps, dans ce pays « démocratique », vous essayez de dénoncer les compromis secrets des occidentaux avec le régime de la RII, vous serez poursuivis pendant 13 ans par Interpol.
Depuis des années, dans les pays européens, lopposition iranienne est privée de sécurité. Dans tous les pays européens où ils avaient conclu des grands contrats commerciaux avec la RII, quelques activistes de lopposition ont été assassinés. En France, il y a eu plus dassassinats quailleurs. Après la France, il y a lAllemagne, lAutriche, lItalie et le Royaume-Uni. Tous ces pays ont des contrats dépassant le milliard de $ avec le régime de la RII. Vous pensez que sans ces contrats, la situation était encore pareille ?
La conséquence de la conclusion des contrats avantageux avec la RII ne se limite pas seulement aux pressions et aux restrictions à lencontre de lopposition iranienne à létranger. Depuis des années, les crimes du régime de la RII sont blanchis par les défenseurs de la politique « dialogue critique » au sein des instances internationales. Depuis des années, les grands intellectuels de notre pays vivent en exil ou à cause de leur opposition avec les pensées réactionnaires se trouvent en prison ou ils sont massacrés par le régime de la RI. Et tous ces crimes sont commis devant lindifférence des occidentaux.
Question : à part le mandat darrêt international pendant 13 ans, est-ce que vous ou dautres camarades ont encore subi dautres atteintes ?
Réponse : nous navons pas encore expliqué toutes les atteintes que nous avons subies jusquaujourdhui par lEtat français. Quand jétais obligé de quitter la France, seulement quelques camarades responsables de lorganisation mont accompagné. Il nétait pas possible pour nous de sortir de la France tous nos camarades et tous nos militants dans un délai court et bref. En même temps, il nous était prouvé que si un de nos responsables restait dans ce pays, tôt ou tard, lEtat français lachèverait. Malheureusement, une de nos camarades qui pour certaines raisons ne pouvait pas quitter la France a eu un destin très tragique. Après notre sortie de la France, dans ce pays « berceau de la démocratie et de la liberté », notre camarade a été enlevé pendant quelques jours par lEtat français. Suite à notre campagne de protestation, enfin après 3 jours dinterrogatoire, elle a été libérée. Ensuite, les services des renseignements de ce pays ont commencé une guerre psychologique contre elle. En plein été, ils coupaient le courant délectricité de son appartement. Et quand elle se rendait au bureau dEDF, on lui répondait que dans 3 jours, le courant sera rétabli. Et quand elle protestait quelle avait payé dans le délai sa facture, ils lexpulsaient du bureau dEDF. Et au lieu de 3 jours, ils rétablissaient le courant quaprès 5 jours. Normalement, cette camarade faisait ses courses dans un petit supermarché à proximité de son domicile. Quand elle entrait dans le magasin, en apparence, tout allait bien. Mais quand elle arrivait à la caisse, 3 agents (un de ces agents était iranien) prenaient ses courses et avec des insultes lui disaient quils ne lui vendent pas ces produits. Cette camarade était poursuivie quotidiennement. Et même parfois dans la rue les charlatans de services des renseignements français linsultaient et lagressaient. Notre camarade allait parfois dans une piscine à proximité de son domicile. Même dans la piscine, elle navait pas la paix. Ces mêmes agents entraient avec elle à la piscine et à part les insultes, ils lattrapaient en plein milieu de leau et la gardaient un certain temps sous leau. Ainsi, elle a décidé de ne plus aller à la piscine. Les agents français utilisaient la sonnerie de son appartement jour et nuit et quand elle se rendait à la porte, évidemment, il ny avait personne. Etc., etc.
Question : et enfin, quest-ce quelle est devenue cette camarade ?
Réponse : malheureusement, à la fin, elle sest trouvée dans un centre psychiatrique. Jusquà lan dernier, nos camarades lui rendaient visite dans lhôpital ou dans le centre psychiatrique. Depuis lannée dernière, son état sest brusquement aggravé. Elle ne se souvenait pas bien les événements et elle a commencé à raconter et à écrire une série des choses qui me fait énormément mal au cur de les répéter. Elle avait presque perdu toute sa mémoire. Depuis un an, nous sommes sans nouvelle delle. La dernière fois, nos camarades lavaient rencontré dans un hôpital. Letat français refuse de nous fournir des informations sur elle. Vous vous rendez compte. Quand les intérêts économiques sont en jeu, la vie des gens ne vaut rien pour les « militants des Droits de lHomme ».
Question : camarade Bahram, au cours de cette interview, vous avez parlé de celui ou ceux qui rencontraient le tortionnaire Rassouli. Est-ce possible de donner plus de détails ?
Réponse : je suis certain que ceux qui étaient en relation avec Rassouli liront cette interview. Parmi ces gens, il y en a un qui a une profonde hostilité avec lorganisation et avec moi en personne. Nous navons aucune intention de nous venger. Si lintérêt du mouvement nétait pas en jeu, je ne traitais même pas cette question. Pour nous, cette personne est ni agent du régime de la RII et ni un collaborateur de la SAVAK. Jespère quaprès la lecture de cette interview, lui-même il expliquera au mouvement révolutionnaire et aux peuples dIran les motifs de ses rencontres à Paris XV avec le tortionnaire Rassouli. Soyez certains, nous ferons ce que nous devons faire et rien ne peut nous empêcher de dire la vérité aux peuples iraniens.
Certainement, dans une occasion opportune, nous donnerons plus dinformation et de détails dans ce domaine.
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